Les enfants de la Shoah

6h55, une école publique. On a regroupé les enfants dans le préau, jamais on ne les avait réveillés aussi tôt. Leurs parents ont eu consigne de ne rien leur expliquer. Ils les ont amené puis, une fois dans la cour, ils sont partis, laissant leurs enfants à des militaires vêtus de noir venus spécialement pour l’occasion. Pour le moment les enfants les trouvent juste bizarre, ils semblent parler une lange qu’ils ne comprennent pas.

Ils attendent une heure sous le préau tandis que le soleil ne perce toujours pas en ce jour d’hiver. Soudain, des officiers entrent et vocifèrent quelques ordres à des soldats qui s’exécutent et obligent les enfants à sortir en rang. Ils marchent de longues minutes tandis que les chiens se sont mis à aboyer. Ils arrivent sur une place. De grands projecteurs ont été installés pour éclairer les camions qui se sont réunis au milieu. Les enfants, sans ménagement, sont obligés de monter sous les bâches. Les premières larmes coulent sur les joues des jeunes enfants. Ils ne comprennent toujours pas ce qui se passe.

Les camions vrombissent et, les uns après les autres, emmènent leur chargement on ne sait encore où. Le soleil éblouit les enfants lorsqu’ils sortent des camions. On les aide à peine à en descendre. Puis ils voient, un train immense qui attend sur une voie à l’écart de la gare. Ils partent. Mais où ? Certains crient, on les secoue un peu pour les faire taire. Les enfants sont conduits dans les wagons, ils sont serrés. Ils sont seuls avec un médecin ou une infirmière. La République ne veut pas aller trop loin non plus. Tous doivent arriver sauf au camp.

Les voyage dure plusieurs jours. Les enfants découvrent le saleté, la promiscuité, la faim et la soif même si le médecin veille. Certains enfants peuvent être évacuer, mais on demande aux autres d’être courageux, de ne pas décevoir leurs parents et la mémoire… ce qu’ils ne comprennent pas bien.

Ils arrivent dans un pays qu’ils ne connaissent pas, couvert de neige. Ils ont franchi une grande porte et sont obnubilés par la fumée noire qui sort de la grande cheminée. C’est alors qu’un vieil homme leur raconte…

“Mon père s’appeler Hiram Goldberg, il avait 12 ans lorsqu’il fut déporté à Auschwitz-Birkenau. Lorsqu’il est arrivé ici, l’officier allemand leur a dit :  “vous entrez par cette porte, vous sortirez par cette cheminée…”

Les enfants sont jeunes, mais ils comprennent, ils ne comprennent que trop bien. Une fois les explications tombées, ils ont compris pourquoi ils sont là. On leur montre les chambres, on leur montre les fours. Les enfants ne pleurent plus, mais ils n’ont jamais été aussi tristes.

Ils retournent d’eux-même dans les wagons. Dans les camions. A l’école.

Le maître, ravi de cette expérience initiée en 2008 par une simple responsabilité de mémoire, leur dit : vous avez vu les enfants, c’était cela la Shoah.

Et un enfant répond : “oui, j’ai vu. Et je veux mourir aussi.”

B.S. affligé et meurtri par un président indigne

Publié dans: on 16 février 2008 at 2:18 Commentaires (1)

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Un commentaire Leave a comment.

  1. Par qu’un président indigne. Une idée d’une crétinerie finie, une idée purement démagogique, une idée d’un clientélisme vomitif…

    Au CM2… Ben voyons ! et pourquoi pas au CP ? Ou en petite section de maternelle ? Parce qu’il croit qu’un élève de CM2 est capable de comprendre toutes les implications, la complexité de l’antisémitisme ? Parce qu’il ne sait pas que les enfants ont tendance à faire l’amalgame entre nazi et allemand (je m’en souviens comme si, c’était hier !), et que l’amitié franco-allemande est secondaire ?

    Pauvre, pauvre crétin, pauvre, pauvre France…


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