J’aime toujours me replonger dans les utopies du XIX° siècle qu’elles soient socialistes ou positivistes. Les deux avaient pour espoir de libérer les esprits, d’émanciper les hommes du travail avilissant, de les grandir par les droits en ayant foi en leur conscience qui les pousserait à l’acquittement total de leurs devoirs.
Ces lignes d’Aroux sont exemplaires :
“Les ouvriers en travaillant moins de temps auraient plus de loisir pour soigner leurs intérêts particuliers, initier leurs enfants à la doctrine qui leur aurait rendu tant de services, et pour cultiver leur intelligence, qui, sans cela, s’amoindrirait par la division du travail nécessaire à la perfection et à la multiplication des produits”.
Et pourtant… à l’ère industrielle, même jusque dans les années 70, combienn malgré un travail écrasant, des ouvriers se sont instruits, la nuit à la chandelle, parfois sur l’atelier même et pouvaient ainsi brandir à la face du capital une langue égale et des arguments aussi puissants que la scolastique des évêques conservateurs ?! Qu’a donné aujourd’hui la libération de temps… l’affaissement de l’énergie. Télévision poubelle, lectures faciles, tout ce qui est pauvre est privilégié car non fatiguant…
La société a retiré à l’homme tous les excitants qui le faisaient avancer. C’est le mal de notre civilisation, je crois, que d’avoir retirer les cadres sans les remplacer par d’autres, d’avoir placé l’homme dans un cocon protecteur qui ne le détermine en rien à la lutte, à l’action, à la vie… d’un être méprisé mais combattif, nous avons un être léthargique et méprisable. Quel gâchis au final.