Casino Royale – Qui est James Bond ?

Un petit billet plus léger… encore que.

Cela fait longtemps maintenant que ce film est sorti. Je ne m’étendrai pas sur la facture ou les acteurs, je suis certain que mon ami Quentin s’en sera chargé avec toute l’expertise et la diligence que nous lui connaissons.

Non, ce qui m’intéresse dans ce film magnifique, c’est la personnalité du personnage qui transparaît et que je pense (mais je ne suis pas expert loin de là) très proche de l’esprit de Fleming.

Alors qui est James Bond ? Dans le film on le dit orphelin, je trouve qu’il pourrait tout autant être le fils d’une riche famille anglaise… élevé dans le positivisme post-victorien, subissant le désenchantement de la Première Guerre Mondiale, prenant ce qu’on lui donne de nationalisme britannique comme une belle esthétique et, poussé par tout cela vers l’athéisme consommé ajouté au flegme anglais, comme un sens à une vie qui par nature n’en a aucun. La Seconde Guerre Mondiale est l’occasion d’un combat, et James Bond est un homme de combats, sans aucun doute.

Et puis l’espionnage. L’absurde le plus total rejeté par le secret, l’argent, les femmes et, surtout, une mort aussi brutale que certaine qui l’attend à chaque instant. S’il était resté dans la vie “normale”, il aurait rejoint un club et aurait trouvé d’autres échappatoires, mais aucune ne vaut le Service Secret.

Casino Royale, première mission, premier livre, montre James Bond en difficulté, le montre humain, et c’est cela qui le rend aussi différent des autres films notamment. James Bond sait que sa vie ne peut passer que par une bulle, une évasion. Le MI6, la mort omniprésente, l’aspect éphémère de tout évènement et de toute relation… se focaliser sur l’objectif dès que l’on voudrait se laisser aller.

Vesper, elle, est là pour tenter de maintenir James Bond dans l’Humanité… jusqu’à le faire démissionner. Mais voilà, l’Humanité, cela veut dire la faiblesse, les sentiments, la trahison, la déception… autant de choses qu’il trouve abjectes au fond de lui. C’est ce que Vesper voit, et ne peut supporter. Son suicide marque simplement son échec total à avoir pu ramené James et la conscience qu’elle de ne pouvoir jamais “être avec” un homme tel que lui… Vesper morte, James Bond n’a plus qu’à retourner dans une bulle qui lui survira, le MI6.

Publié dans: on 4 mars 2008 at 11:02 Laisser un commentaire
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