Impossible Clemenceau, ou conjuration des faibles

Un passage de la magnifique biographie du Tigre de Duroselle que je vous conseille m’amène à vous : A la suite d’un Comité secret de décembre 1916, Maginot dit à Abel Ferry : “Clemenceau vient, au Sénat, d’attaquer Malvy. J’ai été le voir, je lui ai dit : Décidément, vous êtes impossible; vous voulez devenir président du Conseil, et vous vous mettez mal avec un homme qui dispose de cent cinquante députés à la Chambre.

- Qu’a-t-il répondu ?

- Rien, il m’a regardé.”

Clemenceau continua, et d’impossible il est devenu indispensable, tandis que de ministre intangible Malvy devenait un inculpé de haute trahison.”

Cela m’a fait avoir la réflexion suivante : et s’il n’avait pas été impossible ? Si, au lieu de pourchasser les ministres, d’insulter à tout va, d’agresser chacun à la moindre faute, il s’était fait un peu moins terrible ? Si, ayant agi en politique, il avait réussi plus tôt à se faire désigner président du conseil ? La guerre n’aurait-elle pas été terminée plus tôt ? Aurait-il lui aussi échoué en attendant l’aide américaine (mais on sait que c’est lui qui en a hâté la conséquence glorieuse) ?

Et puis non. Je me suis ravisé. C’est lui qui avait raison. Il a été fort, il a été terrible, il a été impossible parce que les autres étaient insupportables. Il a été énergie, action, force, il a été homme en somme. Les autres ont été verbeux, faibles et inutiles. C’est le fait qu’il fut si seul qui est à déplorer, et que les autres furent si nombreux. Ils le sont encore, et où est-il, l’homme dont a besoin la République en espérant qu’il y en ait pluieurs, aujourd’hui ?

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2 commentaires Leave a comment.

  1. justement je parlais de Malvy y a peu

  2. Eh bien, on attendait depuis un moment une note comme celle là…


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