Politique I

L’été est un moment paradoxal. Beaucoup sont en vacances. Le gouvernement d’abord, et puis les députés même si ça n’a guère d’importance de nos jours, et puis tout ce petit monde qui grouille sur nos territoires. Les journalistes sont à la détente également. Et pourtant l’été reste un grand moment de politique.

D’abord, bien qu’en vacances, le gouvernement n’en trouve pas moins les moyens de publier en catimini les décrets d’application de la mastérisation. Je crois qu’ils ne devront pas s’étonner si l’escroquerie provoque des remous à la rentrée, mais peut-être s’en moquent-ils. Cela témoigne assez, je crois, de l’honnêteté de notre exécutif.

Ensuite, il y a les Universités des partis politique. Les radicaux ont pris de l’avance et c’est déjà fait, mais quoi donc ? Nous autres attendons de voir ce qu’il ressortira du rassemblement de la Grande Motte, à part un trou dans le compte bancaire. Et puis le PS s’offre le luxe d’un dédoublement avec Peillon & Co qui se réunissent à Marseille une semaine avant La  Rochelle. Que faut-il y voir ? Je ne sais pas.

Et enfin, pour les militants actifs comme moi, l’été est un moment d’expectative. Que fera-t-on l’an prochain ? Et puis, au fond, pourquoi en suis-je à chercher comment je vais concilier ma thèse, mes cours (héhé… enfin !), ma vie privée et la politique. Alors que dire ? Pourquoi prendre part aussi activement à notre vie politique ?

De prime abord, le constat ne fait guère envie. Les élections régionales commencent déjà à nous faire la démonstration du spectacle auquel nous allons assister. Les socialistes vont chercher à tout prix à conserver les seigneuries qu’ils ont acquis grâce à M. Raffarin et son gouvernement impopulaire. L’UMP va chercher à regagner ce que les mêmes leur ont fait perdre. Les Verts vont, on peut le penser, profiter de la si belle occasion de partir sous leurs propres couleurs pour espérer faire au moins 10% partout et, pourquoi pas, parfois s’offrir la position de force pour présider une région. Quant à nous, je ne dirai rien sinon qu’on peut se réjouir que le mode d’élection nous évite a priori les arlequinades des municipales. Voilà pour le grand panier de crabes.

Du côté des grenouilles. Ce n’est pas cette année que nos citoyens vont s’intéresser d’un peu plus près à ceux qu’ils seront censés envoyer administrer nos régions. Je doute qu’on assiste à des adhésions massives pour venir, sur leur terrain, dire aux politiques que maintenant ils vont devoir compter sur eux pour leurs petites affaires. Je doute tout autant que les journalistes en viennent à dire qu’il est peut-être temps d’exercer un véritable contrôle sur nos cartels d’élus. Quel sera le taux d’abstention des jeunes ? Question qui fâche, sans doute. L’avantage de l’été, c’est qu’on ne fache pas grand monde…