Gauche ?

Oui. Parce que depuis 1789 aucune période ne me fait hésiter bien longtemps, ce qui n’interdit pas d’avoir un certain respect, voire une certain sympathie VOIRE (horreur, social traître !) quelques accords avec la droite. Mais je me dois de suivre le fil, repris par Romain et d’autres.

Rappel en Préambule : la gauche au pouvoir n’a été socialiste en France que pour moins de 20 ans tout compris… tu vu les socialistes de l’époque il vallait peut-être mieux.

1. Contrairement aux collectivistes qui pensent qu’il faut une nouvelle société pour faire une homme nouveau, je considère qu’on ne change la société qu’en agissant sur les hommes. C’est pourquoi tout ce qui marginalise l’individu, l’embrigade ou le noie doit être tempéré, à défaut d’être supprimé. Partis politiques fermés, élection du Pdt de la République au SUD, scrutins de listes etc. tout comme les interventions par trop infantilisantes de l’Etat participent de ces travers.

Corollaire : L’Education doit être une priorité absolue dans sa mise en oeuvre. L’Etat ne doit pas avoir de Conciles chargés d’en régenter le contenu. Le monopole (que voulait Jaurès par exemple) doit être rejeté au nom de la liberté de conscience. Et Clemenceau ajoutait l’argument que eux, avaient eu des aïeux à genoux devant la soutane et qu’ils s’en étaient fort bien tirés. La conciliation de tout cela passe : par une plus grande place donnée à la pédagogie, notamment les approches de type Montessori ; par une plus grande autonomie de chaque établissement afin de permettre une unité pédagogique ; par une formation érudite continue de tous les enseignants, voire entre eux et par eux-mêmes.

2. Il existe un principe de solidarité (Léon Bourgeois) par lequel tout homme vient au monde avec une dette et est intimement lié à tous ses semblables. Il n’est dès lors aucune position sociale, quelle qu’en soit la cause, qui puisse justifier des écarts de qualité de vie démesurés. C’est pourquoi non seulement l’impôt sur le revenu doit voir son assiette élargie à toute forme de revenu, y compris du capital, mais rendu réellement progressif jusqu’à un quasi-salaire maximal, disons pour ne froisser personne, autour de 100 000 euros mensuels ? (je suis plutôt pour 15 000).

3. Le système bancaire doit être réellement investi par l’Etat, lequel doit en maîtriser de nombreuses règles (et intervenir en ce sens aux niveaux communautaire et mondial) et être présent dans les conseils d’administration avec un poids conséquent.

4. Toute la politique économique en direction des PME et TPE doit être tournée vers la promotion de nouvelles formes de coopération entre acteurs d’une même entreprise. Tout comme l’on est passé de l’esclavage au servage et du servage au salariat, nous devons maintenant passer du travail salarié au travail associé. C’est la seule forme de création de richesse qui soit républicaine dans son principe et dans son implication en termes de relations individuelles. Ni domination, ni opposition, association.

5. La démocratie dans l’entreprise doit permettre non plus la seule défense des intérêts en présence, mais une véritable participation de tous les acteurs à la gestion de l’entreprise. Cette forme de cogestion suppose un respect mutuel qui passe par l’interdiction de siéger dans les conseils d’administration de différentes entreprises ; par la transparence sur toutes les rémunérations supérieures à 15 000€ mensuels ; etc.

6. De manière générale, la représentation syndicale en France doit être revue pour être régénérée. Cela passe à la fois par des mesures fortes au sein des centrales (comme la limitation dans le temps d’un détachement total, disons à 2 ou 3 ans ?) et par des mesures externes (je ne suis pas spécialiste…). Ses formes doivent être étendues à toutes les entreprises. Bonne idée du modem de faire bénéficier les filiales des grosses entreprises de leur comité d’entreprise.

7. Pour finir, d’un point de vue constitutionnel, tout ce qui est d’essence monarchique doit être combattu par la Gauche. Les barons locaux socialistes devraient éviter de l’oublier… et militer pour une limitation dans le temps de toute fonction exécutive locale à un seul mandat (c’est quand même 6 ans maire…), maximum deux consécutifs.

8. la liste pourrait être encore plus longue, avec par exemple la fin des ghettos urbains, en profitant de l’impératif écologique pour reloger beaucoup de monde en organisant une certaine mixité ; des politiques culturelles réellement CULTURELLES,tournant autour des Humanités, de l’Histoire de l’art et de la pratique d’une activité de ce type etc.

Publié dans:  on 10 septembre 2009 at 11:56 Commentaires (1)

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  1. Alors avec un tel programme, vous n’etes ni de gauche ni de droite mais keynesien. Je ne pense pas que le débat politique gauche/droite ait encore lieu d’être: combien d’hommes de “gauche” ont un comportement de “droite” et inversement ? Je pense plutôt qu’il est temps de créer un nouveau clivage, plus représentatif de la réalité: un clivage keynésien/néoclassique. Quelle horreure me direz vous de ramener le débat politique à un simple débat économique! Je pense au contraire que l’économie est on ne peut plus politique et que deux conceptions peuvent en être dégagées: la conception à travers le prisme du tt économique (tt peut s’analyser économiquement cf. Néoclassique) ou la conception keynésienne (l’économie n’explique pas tt). Aussi déconnecté que cela puisse paraitre au premier abord, il apparait rapidement que ce débat constitue en réalité la lame de fond qui parcourt notre société (écologie, programmes sociaux…)


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